LE TREMBLEMENT DE TERRE DE 1960 À ALGER #tremblementdeterre #alger1960 #secoussesismique #histoiredalger #catastrophenaturelle #souveniralger #1960salger #seismealger #algerie1960 #tremblementterrealger #algeriehistoire #seisme1960 #algeriesouvenir #algeriecatastrophe #algerietremblementterre
Ce
soir-là règne une chaleur pesante et l’air immobile devient irrespirable.
Depuis une heure j’ai déplié mon lit dans le salon mais je n’arrive pas à
dormir. Je fais des allées et venues jusqu’à la cuisine pour me servir des
verres d’eau à l’Antésite, cette boisson qu’on buvait quand il faisait chaud.
Une odeur lourde semble monter de la cave, ce qui rend le silence de la nuit
inquiétant. Par moment je perçois au dehors des battements d’ailes et ce qui
semble être des petits cris de martinets. Puis j’entends un chien hurler à la
mort et je sors de mon lit précipitamment. Un bruit semblant venir du plafond
me fait lever la tête, et là, tout se met à vaciller. Paralysé, j’entends des
craquements sinistres qui font trembler les murs et le plafond sous lesquels je
vais être écrasé. Ça sent la mort et pendant des secondes interminables je
mesure qu’à cet instant mon existence ne vaut pas un grain de sable. C’est
terrifiant. Et puis, plus rien ; je suis anéanti. Je regarde la pendule,
il est 22h36 ; la secousse en fait n’a duré qu’une minute. Je sors sur la
terrasse et je vois des lumières s’allumer un peu partout dans les maisons d’en
face où des voix émergent et s’amplifient pour devenir un brouhaha de
conversations des gens qui parlent pour se réconforter. Mes parents se sont
levés et me proposent une infusion de tilleul pour calmer l’angoisse qui se
voit sur mon visage. On évoque bien-sûr les séismes qui avaient détruit Agadir
en février dernier et Orléansville en 1954. Je me souviens qu’en ces moments,
notre école avait organisé des quêtes au profit des sinistrés de ces
catastrophes dont la presse avait diffusé des images terribles. Soixante-quatre
ans plus tard je garde encore en mémoire l’effroi de cette nuit d’été où
j’aurais pu quitter ce monde. Notre maison, dont la construction datait du
temps de présence turque, n’aurait sans doute pas résisté à une secousse plus
importante et je ne suis pas sûr qu’elle n’ait pas été détruite lors des
tremblements de terre qui se sont succédé à Alger depuis 1962.
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